mercredi 25 avril 2018

UN RESTO DE CRÉPIN

On ne sait pas trop à quel saint se vouer en sortant de cette table qui aurait pu se trouver rue des Martyrs, mais, en l’occurence, les martyres c’était nous. L’accueil était, certes, chaleureux, mais la cuisine sans invention. Les saveurs à la vapeur étaient toutes droites sorties d’un nettoyeur vapeur pro industriel, toutefois, correctement présentées et avec un soleil au rendez-vous. Toutes les conditions étaient réunies pour faire un déjeuner, même mauvais, cela n’aurait pas été grave. Mais, quelques ratés sont venus ternir ce tableau au fur et à mesure du déjeuner : erreur de plat (un loup pour un saumon)… et pour couronner le tout un grand bellâtre Afro-Européen qui vient nous fumer dans le nez à l’arrivé de nos mets.

Je sais que je vais en froisser plus d’un, mais « sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur ». On avait tellement lu d’articles dithyrambiques sur Google que nous avons réservé les yeux fermés, trop content d’avoir une table un vendredi soir, et prêt à dépenser une belle part de RSA, sans regret, pour imbiber notre palais de saveurs dont on pourrait se reparler en 2044. On avait même religieusement préparer nos estomacs, en invoquant Gargantua pour nous aider à enfourner comme des ogres.
Mais, ce fut raté ! Le spectacle intestinal n’a pas eu lieu, et, donc le sexe qui devait s’en suivre non plus, le plus bel exemple de chiqué gastronomique, d’imitation de cuisinier… Bref, le triomphe de l’échec et l’apothéose du puffisme.

C’est un peu théâtral, voire intriguant, façon « Manoir de l’horreur » ; un escalier vous invite à monter comme dans ces anciens bordels de Hambourg. Bref, pas d’adresse pour vous, car je ne fais pas de pub aux mauvais qui se disent gastros et, pour le prix, je vous le déconseille, mais aussi, parce que les restaurateurs usuellement sont mal embouchés concernant leur égo, et depuis, je ne donne plus le nom du restaurant quand c’est mauvais pour éviter que l’on vienne, comme la dernière fois, faire recaler ma voiture au prochain contrôle technique, en cours de réparation de 7 000 euros. A bon entendeur, salut.

Anonymode